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#Atelier574 – « Data for good : une utopie réalisable ? » par Paul Duan.

Dans cette conférence au 574 de Saint-Denis, Paul Duan raconte son parcours d’entrepreneur social, de la Californie jusqu’en France. Comment conjuguer technologie et impact social ? C’est le pari fou qu’il a tenté et réussi en créant l’ONG Bayes Impact. Récit d’une aventure atypique.

Publié le 17/07/2019 par La Rédaction
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Qui ?

Paul Duan est un entrepreneur social, créateur de l’ONG Bayes Impact. Âgé de seulement 26 ans, il a commencé sa carrière dans la Silicon Valley en tant que data scientist pour Eventbrite. Il est classé parmi les personnalités de moins de 30 ans qui révolutionnent les technologies numériques.

Où ?

Au 574, le siège parisien de la Direction Générale e.SNCF, situé à Saint-Denis (93), soit à environ 8 965 kilomètres de Mountain View en Californie, où a été créé Y Combinator en 2005, l’incubateur qui a abrité plusieurs des plus grandes startups, telles que Airbnb ou encore Dropbox

Quand ?

Jeudi 13 juin 2019, soit trois ans jour pour jour après l’annonce par l’American Astronomical Society que Kepler-1647 est la plus grande planète circumbinaire jamais découverte.

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Allier technologie et social

Bayes Impact a été créé par Paul Duan afin de mettre la technologie au service de l’humain. « La vision pour nous, c’est comment appliquer la technologie pour aller réinventer la façon dont on construit le service public », explique-t-il. L’aventure commence donc il y a environ cinq ans, en Californie. « Après avoir travaillé pour Eventbrite, j’ai réfléchi à comment on pouvait allier la technologie et l’impact social. Je voyais vraiment une forme de décalage dans ma vie de tous les jours. D’un côté, je créais des licornes qui potentiellement touchaient des millions de personnes, et de l’autre, lorsque je faisais du bénévolat, je n’avais pas l’impression d’avoir un impact sur le problème lui-même (NDLR : il donne de son temps notamment dans des abris pour les SDF à San Francisco). Donc comment concilier les deux aspects ? C’est la base de Bayes Impact, ce qui fait que j’ai décidé de tout plaquer il y a à peu près cinq ans pour monter une ONG », raconte-t-il.

Une ONG made in California

En premier lieu, Bayes Impact travaille avec la mairie de San Francisco pour optimiser le « dispatch » des ambulances en fonction des prédictions des « hotspots » de demande.  Ensuite, l’ONG travaille avec l’état de Californie sur la transparence et la prévention des violences policières. Pour cela, elle crée une plateforme qui permet de reporter automatiquement tous les cas d’usage de la force sur une base de données transparente et ouverte en open data. Au niveau fédéral, elle se lance également dans la santé, afin d’aider l’administration Obama à effectuer la refonte de Medicare, pour automatiser l’analyse des données et extraire l’information sur la qualité de soins donnés.

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Aider à la réinsertion en France

« Après trois ans, nous nous sommes dit que la vraie problématique n’était pas la technologie, mais comment implémenter cette technologie, comment faire de la conduite de changement et faire en sorte que cela infuse au sein du service public, pour que ça ait l’impact requis. Nous avons donc essayé de nous recentrer sur une logique produit, et nous sommes rentrés en France pour essayer d’aider notre pays en se concentrant sur la problématique de l’emploi », raconte Paul Duan.

Il y a trois ans, Bayes Impact se lance alors dans la création, en partenariat avec Pôle Emploi, d’une plateforme qui utilise l’intelligence artificielle pour favoriser l’accompagnement des chercheurs d’emploi.

Son fonctionnement est simple, n’importe qui peut s’inscrire sur la plateforme, renseigner quelques informations, et en fonction des données du marché du travail et du parcours de la personne, elle effectue un diagnostic automatisé, et propose un plan d’action personnalisé. « En trois ans, on a pu accompagner plus de 200 000 personnes en France avec notre équipe de 8 personnes. On a 90% de satisfaction sur les conseils, donc de gens qui considèrent que l’accompagnement leur a été utile. 8 personnes sur 10 considèrent que ça a été plus personnalisé que ce qu’ils ont reçu par d’autres biais. À 3 mois, on a 45% des personnes qui attribuent leur retour à l’emploi aux conseils qui leur ont été donnés », précise-t-il.

Pour que Pôle Emploi accepte ce partenariat, Bayes Impact a misé sur la collaboration avec tout le monde - conseillers, DG…-, afin qu’ils s’approprient la démarche et qu’ils ne le voient pas comme une forme de concurrence. Leur challenge maintenant est de réussir à avoir une complémentarité avec le travail du conseiller et de faire en sorte que le conseiller soit aidé dans son travail par cette technologie.

Et dans le futur ?

« La grande ambition de Bayes Impact, c’est un peu d’être le Mozilla du service public, c’est-à-dire de proposer des services publics digitaux open source créés par des citoyens que l’on va déployer dans des pays partout dans le monde », explique-t-il. Pour le moment, la problématique principale de Bayes Impact est l’emploi « pour vraiment craquer le modèle ». Ensuite, l’ONG compte biens’attaquer à d’autres problématiques et fairedes expérimentations sur d’autres verticales d’impact.

Punchlines

  • « La vision pour nous, c’est comment on applique la technologie pour aller réinventer la façon dont on construit le service public. »

  • « Après trois ans, nous nous sommes dit que la vraie problématique n’était pas la technologie, mais comment implémenter cette technologie, comment faire de la conduite de changement et faire en sorte que cela infuse au sein du service public pour que ça ait l’impact requis. »

  • « La grande ambition de Bayes Impact, c’est un peu d’être le Mozilla du service public, c’est-à-dire de proposer des services publics digitaux open source créés par des citoyens que l’on va déployer dans des pays partout dans le monde. »

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