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#Atelier574 – « Des hackers houses pour repenser l’innovation », par Paul Poupet

Seed-Up est une hacker house où se sont réunis des développeurs et des ingénieurs de talent. Cette forme de travail étonnante offre de nouvelles perspectives sur les façons d’innover. Comment est né ce projet ? Comment a-t-il évolué au fil des années ? Dans cette conférence au « 574 », Paul Poupet raconte l’histoire originale de cette maison de hackers,et les types de projets sur lesquels l’équipe est amenée à travailler.  

Publié le 20/03/2019 par La Rédaction
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Qui ?

Paul Poupet est le fondateur de Seed-Up, la première hacker house de France, où de jeunes talents de l’informatique se rassemblent pour innover ensemble et expérimenter un modèle de travail inédit. Il a étudié à l’ESSEC et à Centrale Paris, où il s’est intéressé très tôt aux nouvelles technologies et aux hackathons.

Où ?

Au 574, le siège parisien de la Direction Générale e.SNCF, situé à Saint-Denis (93), soit à environ 6655 kilomètres de Chicago, où l’inventeur et industriel américain George Pullman crée les premiers wagon-lits.

Quand ?

Mardi 12 mars 2019, soit 6 ans jour pour jour après que le système de positionnement par satellite Galileo a produit sa première position.

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D’une maison de geeks…

Il y a trois ans et demi, Paul Poupet sort d’une école d’ingénieurs et constate que pour un jeune diplômé comme lui, les choix sont limités - soit de la recherche, soit le monde de l’entreprise, soit monter une start-up. L’idée d’investir dans un lieu naît alors, en l’occurrence une villa dans le sud de Paris. Ils sont six au départ. « C’était l’auberge espagnole avec de bons ingénieurs et de bons développeurs », explique-t-il. Le principe alors est de prendre 50% de leur temps pour aider des entreprises à répondre à des problématiques technologiques. Le reste du temps est consacré à monter des projets. Dans cette période de 18 mois, ils montent deux sociétés qui sont revendues assez rapidement, dont une application qui vocalise les articles de journaux. « Au départ, on était juste des geeks qui se sont mis dans une maison en se disant qu’on voulait travailler autrement. Et puis, maintenant, cela a pris une forme plus sérieuse et légale », ajoute-t-il.

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… à une hacker house novatrice

Au bout d’un an et demi, la structure grandit. « Il y a eu une sorte de réalisme, si nous voulions vraiment que nos projets fonctionnent, il fallait se structurer, nous avons donc ouvert un second espace à Saint-Cloud », détaille Paul Poupet. Ils prennent alors conscience que le projet n’est plus uniquement un « truc de petits jeunes geeks », et recrutent donc des profils différents. « Nous nous sommes demandé comment vraiment aider les entreprises dont le besoin évolue. Nous voulions essayer d’accompagner les entreprises à produire de nouveaux services, donc aller directement sur des scale-up», ajoute-t-il.

L’apprentissage s’est donc effectué en deux ans. « Il a d’abord fallu se séparer de ce côté digital naïf très jeune. Deuxième étape, notre marché n’est pas dans de l’éducation pour aider les entreprises à se transformer. En partant de leur stratégie, comment pouvions-nous les aider sur leurs enjeux liés à des technologies ? Comment améliorer leurs besoins, l’expérience client, le besoin de qualité, les retards sur les lignes, la sécurité des opérateurs… ? Nous nous sommes rendu compte que nos idées ne valaient pas grand-chose si elles n’étaient pas adaptées aux besoins de l’entreprise », explique-t-il. Troisième point, il ne faut pas oublier l’aspect humain. « Une idée n’est pas seulement la meilleure idée théoriquement, c’est une idée qui va fédérer des gens, afin qu’ils aient envie de passer quelques mois ou années dessus. Il y a donc un enjeu qui sous-tend un peu tout, c’est le talent. On peut avoir de bons process, mais il faut des personnes qui sont à même de porter des projets », précise Paul Poupet.

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Des projets variés

Seed-Up travaille aujourd’hui sur des projets très variés. Par exemple, Sanofi avait un problème concernant les fraudes de médicaments. Seed-Up a donc créé un outil de deep learning. Cet algorithme est actuellement capable de détecter 70% de ces fraudes.

Un autre projet est celui de Total qui souhaitait diminuer le risque d’accidents sur les chantiers. Seed-Up a donc créé un système de caméras **pour reconnaître les risques sur les chantiers, tels que les possibles collisions, mais aussi pour vérifier si les mesures de sécurité élémentaires étaient respectées, comme la distance de sécurité avec les machines ou la présence de casques. Tout est ensuite **automatisé sur une plateforme qui envoie les renseignements sur un panneau sur le site du chantier. Celui-ci se met à clignoter en cas de danger, avec des actions correctrices en fin de journée pour informer des points auxquels il faut faire attention.

Seed-Up a également travaillé sur une lampe magique avec Disney. Grâce à un seul et unique bouton, cette lampe enclenche un projecteur pour donner un support sonore et visuel aux parents qui racontent une histoire. « Peu importe ce que vous racontez, on fait du speech to text NLP (Natural Language Processing), c’est-à-dire que l’on comprend ce que dit la personne, et que l’on va projeter du son pour accompagner la voix (bruitages) et des images en ombres chinoises (dragon, princesse) », explique le fondateur de la première hacker house.

Enfin, Seed-Up a développé pour Bic un stylo technologique et design sans support (type tablette). « Quand vous écrivez sur papier, cela peut envoyer vos mots par e-mail, ajouter un événement à votre calendrier numérique, ou bien créer un fichier Word », conclut Paul Poupet.  

 

Punchlines

  • « C’était l’auberge espagnole avec de bons ingénieurs et de bons développeurs. »

  • « Au départ, on était juste des geeks qui se sont mis dans une maison en se disant qu’on voulait travailler autrement. »

  • « Une idée n’est pas seulement la meilleure idée théoriquement, c’est une idée qui va fédérer des gens, afin qu’ils aient envie de passer quelques mois ou années dessus. »

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