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#Atelier574 - Les algorithmes à travers les yeux de Gilles Dowek

Le 12 janvier dernier, c’est avec la conférence de Gilles Dowek que s’est ouverte la saison 2018 des #Atelier574. Alors que David Leborgne, Directeur du digital du Groupe, qualifiait lors d’un événement précédent les GAFA de « concurrents de SNCF », nombreux et nombreuses sont les collaborateurs et collaboratrices s’intéressant à la question des données et des algorithmes informatiques. Ce qui explique le succès de la conférence de ce jour-là.

Publié le 30/01/2018 par La Rédaction
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Qui ?

Chercheur à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), Gilles Dowek est informaticien, logicien et philosophe. En 2007, il a reçu le Grand Prix de Philosophie de l'Académie Française pour son œuvre intitulée « Les Métamorphoses du calcul. Une étonnante histoire de mathématiques ». Plus récemment, en 2017, il a écrit « Le temps des algorithmes » à quatre mains avec Serge Abiteboul. A travers cet ouvrage, les auteurs tentent « d’en finir avec une vision manichéenne que nous portons sur les algorithmes ».

Quand ?

Le 12 janvier, tandis que le CES 2018 se clôturait à Las Vegas. Voici quelques innovations parues pendant l’événement recueillies par nos soins.

Où ?

Au 574 Saint-Denis, alors que les habitants du département s’apprêtaient à réfléchir, débattre et se concerter autour des nouvelles infrastructures en vue des JO de 2024.

Grandes idées ?

« Quand on traite de l’info, on utilise l’algo. »

Si les formules mathématiques aujourd’hui appelées « algorithmes » doivent leur nom à un certain Al-Khwarizmi, mathématicien perse ayant vécu sous la dynastie des abbassides du VIII siècle, qu’est-ce qu’un algorithme, vraiment ? Selon Gilles Dowek, deux définitions sont possibles : soit un procédé qui permet de résoudre un problème sans avoir besoin de réfléchir, à l’image d’une recette pour faire une miche de pain ; soit une manière plus abstraite, « un objet qui malaxe les symboles » - si on considère bien la donnée, cette notion fondamentale de l’informatique, comme une sorte de symbole -.

Les symboles, justement, s’avèrent être l’un des sujets phares de la présentation de Gilles Dowek. Certes, les informaticiens et informaticiennes sont souvent perçu.e.s comme des femmes et des hommes centré.e.s sur des chiffres, « mais non seulement nous sommes autant centrés sur les lettres que sur les chiffres, et surtout, pour nous, la différence entre chiffre et lettre n’a aucune importance », plaide-t-il. A travers leurs yeux dotés d’un degré d’abstraction supplémentaire, les informaticiens et informaticiennes voient les chiffres et les lettres « comme des symboles parmi d’autres ».

En ce sens, quasiment toutes les informations manipulées dans le quotidien sont traitées par des algorithmes. Par exemple, quand on se met au volant d’une voiture, on observe la position des autres voitures ainsi que celle des deux roues, des piétons, les feux de circulation, le GPS… avant d’émettre de l’information en fonction : tourner le volant, allumer les feux de détresses, etc. Les « boucles de traitement de l’information » peuvent être considérées comme des algorithmes. Ces derniers sont ainsi omniprésents dans notre vie.

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Quelques algorithmes intéressants pour SNCF

La notion de décentralisation est une des idées les plus importantes dans l’informatique car, selon Gilles Dowek, « les situations centralisées ne permettent pas de faire passer une solution à l’échelle ». Quand il s’agit d’apporter de l’inspiration au développement du Groupe ferroviaire, l’informaticien met l’accent sur deux types d’algorithmes, tous favorables à cette décentralisation chère à l’industrialisation des solutions.

Gilles Dowek pense aux algorithmes qui permettent de « tenir des registres et de synchroniser les informations » telle que ceux utilisées dans la chaîne de blocs (blockchain). Pour expliquer le concept assez abstrait du « registre », l’informaticien choisit de prendre l’exemple de la consignation des hypothèques. Si nous achetons un appartement, l’acte de vente est envoyé à un bureau central par notre notaire, et ce fait est inscrit dans un registre nous permettant de retrouver l’information des années plus tard afin, par exemple, de le revendre. Si le notaire, au lieu d’envoyer l’acte de vente à un bureau central, l’envoie à tous les autres notaires, tous ceux qui sont dans ce réseau auront une copie du registre : l’information circulera dans la communauté sans avoir à passer par un bureau central. Cet échange d’information de pair à pair est le principe de la chaîne de blocs.

« Le billet de train est un moyen de tenir un registre comme un billet de banque ou un bulletin de vote », explique Gilles Dowek. « Pourra-t-on imaginer le remplacer par une écriture sur une chaîne de bloc ? » Aucune information dans une blockchain ne pouvant être théoriquement effacée ou modifiée, le phénomène de fraude serait à ce moment-là moins important. Reste aux collaborateurs et collaboratrices SNCF à réfléchir à la question et, pourquoi pas, à trouver des cas d’usage de la blockchain dans un écosystème de mobilités plein de challenges et d’opportunités.

Punchline

  • « L’évolution de la technique est un moteur de l’Histoire beaucoup plus important que l’évolution idéologique. »

  • « Nous sommes (l’Humain) bons pour nous concentrer un peu pour avoir une idée géniale, et puis nous reposer. »

  • « Quelle est la place qui nous reste dans le travail du futur ? Je crois qu’on doit profiter des richesses qui seront produites par les ordinateurs et d’autres machines – profiter de la vie en général -. »

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