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Chroniques de San Francisco - Chariot, des navettes à l’assaut du dernier kilomètre


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Tous les mois, #DigitalSNCF explore un projet qui pave la voie aux transports de demain : applications, startups, programmes… Découvrez les sujets qui font battre le pouls de l’innovation mondiale.

Née à San Francisco en 2014, Chariot s’est lancée sur le marché de la mobilité avec quelques minibus et une idée qui de prime abord n’avait rien de révolutionnaire : transporter chaque matin les habitants de San Francisco vers leur lieu de travail.

Deux ans plus tard, Ford rachète la société pour 65 millions de dollars et affirme que cette transaction constitue un investissement pour les décennies à venir. Quelle est donc la formule magique de la startup ?

Des navettes organisées en fonction de la demande

Face aux embouteillages homériques que connaît la Californie deux fois par jour en raison des migrations pendulaires, la jeune pousse a imaginé un réseau de minibus dont les dessertes seraient organisées en fonction des besoins exprimés par les utilisateurs.

Via l’application mobile Chariot, l’usager consulte les différents trajets proposés par la communauté et réserve directement depuis son smartphone sa place dans un des minibus qui assurent la rotation, matin et soir.

Si le trajet de son domicile à son lieu de travail n’existe pas encore, il a la possibilité de demander la création d’une nouvelle ligne : cette dernière est mise en service dès que 50 utilisateurs ont exprimé leur intérêt.

Par la suite, le minibus calque ses arrêts sur la destination des passagers. Pour le moment, Chariot se cantonne aux centres-villes et à des trajets qui n’excèdent pas quelques kilomètres. Le tarif exact d’une course varie en fonction de l’heure et de la distance, mais il est légèrement supérieur à celui des transports en commun (de l’ordre de quelques dollars par course). A San Francisco par exemple, l’abonnement procurant une utilisation illimitée est facturé 119 dollars par mois, soit environ 25% plus cher que les transports en commun municipaux (94 dollars).

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Une expérience utilisateur inspirée des apps VTC

Si les minibus Chariot n’ont pas le charme des fameuses cable cars de San Francisco, ils sont en revanche associés à une application mobile efficace, permettant par exemple de suivre en temps réel le parcours de sa navette.

À l’instar d’Uber ou de Lyft, la jeune pousse propose également le prélèvement automatique du montant des courses via carte bancaire : il n’y a rien à régler à bord, tout se fait via l’application.

Entre service personnalisé et économies d’échelle

Le meilleur des mondes ? Chariot se dit à la fois plus écologique que la voiture individuelle, plus confortable que les transports en commun traditionnels et plus professionnel que le covoiturage proposé par Waze Carpool. Enfin, les prix sont bien plus compétitifs que ceux du taxi ou du véhicule particulier avec chauffeur (VTC).

La société précise exploiter sa propre flotte de minibus et proposer des contrats en bonne et due forme à ses conducteurs. Depuis 2016, elle développe également une offre B2B pour inciter les entreprises à faire appel à ses services. Cette solution a, par exemple, convaincu le fabricant de caméras sportives GoPro : ses employés peuvent à présent emprunter l’une des six lignes créées spécifiquement à leur attention.

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Rachat par Ford et velléités d’expansion

En septembre 2016, Ford annonce le rachat de Chariot pour un montant estimé par la presse à 65 millions de dollars. Le géant américain de l’automobile se dit convaincu par cette approche hybride, et affirme qu’elle participera à résoudre les problèmes de congestion que connaissent tous les grands centres-villes.

« En étendant notre modèle économique à de nouvelles formes de transport, nous faisons découvrir Ford à de nouveaux clients, tout en créant des opportunités de revenus et de bénéfices pour l’avenir », se réjouit le constructeur dans un communiqué de presse. Il promet dans le même temps l’arrivée rapide de Chariot sur de nouveaux marchés géographiques, avec New York et Seattle en ligne de mire.

Sans préjuger de ses premiers succès, la startup est encore loin de l’hypercroissance qui plait tant aux investisseurs. En juillet 2017 (soit trois ans après son lancement), elle ne propose que douze lignes publiques et une quarantaine de circuits privés dans la baie de San Francisco. On est encore bien loin du réseau municipal, son métro, ses trains et ses 80 lignes de bus !

À ses détracteurs, Chariot rétorque que son ambition n’est pas de concurrencer les transports en commun publics, mais plutôt d’élaborer une offre complémentaire alternative à l’autosolisme. Chez SNCF, on retrouve une logique similaire derrière des projets comme Pop & Vroom, une formule de covoiturage courte distance avec des arrêts prédéfinis testée depuis fin 2016 par iDVROOM.

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Quelle sera la prochaine étape pour Chariot ? Ford et la startup indiquent vouloir développer des algorithmes capables de gérer leur réseau de minibus de façon dynamique, en fonction de la demande en temps réel et des données d’usage accumulées au fil du temps.

L’intelligence artificielle qui entre dans la course au dernier kilomètre ? Un pari prometteur.

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