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Track Future of Work #3 – Nouveaux lieux et expériences de travail

Lors du troisième volet de son « Track Explorateurs Future of Work » qui a eu lieu le 15 mars 2019 dans les locaux de son partenaire, l’agence Five by Five, la Fab Open Innovation de SNCF a voulu ouvrir le débat sur le développement des nouveaux lieux et expériences de travail.

Publié le 22/03/2019 par La Rédaction
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Des nouvelles méthodes et organisations du travail sont en train d’être créées au fur et à mesure de la transformation du monde professionnel. Les travailleurs occupent une place importante pour concevoir et mettre en œuvre ces innovations. Quand leur travail quotidien ne se passe plus dans un bureau fixe isolé équipé d’un PC, où s’installent-ils ? Comment leurs espaces de travail évoluent en fonction des nouveaux enjeux ?

Pour plus d’innovations, place aux échanges

Aujourd’hui, les entreprises constatent que les innovations vont de concert avec la création des synergies, et témoignent ainsi des bénéfices d’un mode de travail collaboratif. Le nouveau lieu de travail se doit avant tout d’être un moyen de favoriser les échanges.

Par exemple, les architectes proposent désormais des plans de bureau en écoutant davantage leurs clients. « Nous avons besoin de comprendre les relations entre les salariés, et faisons donc l’idéation avec eux pour innover ensemble », explique Adeline Morizet, Responsable studio au sein d’AREP designlab. Elle a participé au projet du Campus Etoiles, siège du groupe SNCF, qui représente, selon elle, « autant de l’accompagnement que de la considération en amont ».

Le même constat est fait chez Leroy Merlin. Dans les TechShop appartenant à l’enseigne de bricolage, ateliers collaboratifs où les membres peuvent échanger, se former et construire des objets avec les imprimantes 3D, fraiseurs laser, etc. « Les gens se conseillent mutuellement sur ces outils, très souvent de façon spontanée », raconte Mathilde Berchon, Responsable des deux sites de Techshop.

Comment, concrètement, les espaces peuvent favoriser l’innovation ? Lorene Pouliquen, Responsable du Laboratoire Architecture et Design chez AXA France, vante le concept des « entre lieux », ces éléments qui constituent les espaces entre deux lieux spécifiques. Pour elle, « ce sont des endroits où les gens se croisent ». Par exemple, lors de la rénovation des bureaux de l’entreprise, ses équipes ont voulu « imbriquer des équipements informatiques dans les meubles » au sein de ces fameux entre lieux. Résultat : les interactions débutent au moment où les personnes se rencontrent, et se poursuivent via le digital à partir d’un ordinateur, puis d’un smartphone.

Optimiser les performances

In fine, ces nouveaux lieux permettent d’attirer et fidéliser les talents. Le succès fulgurant de WeWork en est un exemple. Depuis sa fondation en 2010 à New York, l’entreprise américaine s’est largement étendue à travers l’acquisition de bâtiments dans 16 pays du monde. La compagnie ne cible plus uniquement la location à la journée pour les particuliers : des étages entiers d’open space sont dédiés aux grandes entreprises, qui représentent déjà « 40% des activités de WeWork », d’après Maxime Besson-Vivenzi, Directeur des affaires publiques, de la communication et des partenariats de la branche française. Par exemple, on compte Thales, Carrefour ou Louis Vuitton parmi ceux qui ont choisi d’installer quelques équipes dans les immeubles de WeWork situés dans le 13ème arrondissement de Paris, ou dans le quartier des Grands Boulevards. « Depuis leur arrivée chez WeWork, nos clients ont clairement vu une baisse du taux de ‘turn over’ », rapporte-il.  

De l’autre côté, les entreprises ont un réel besoin d’optimiser l’exploitation et la maintenance des lieux de travail. Chez OUI.sncf, par exemple, avec la mise en place du télétravail 2 jours par semaine – deux tiers des salariés le pratiquent actuellement –, Isabelle Lerin Basset, Directrice des Ressources Humaines de OUI.sncf, et ses équipes ont observé un taux d’occupation moyen des locaux de 54%, avec des pics allant jusqu’à 74%. « Les contraintes immobilières » ne peuvent être ignorées, d’autant qu’au CNIT, où 900 personnes de OUI.sncf sont installées (le nombre des effectifs continue d’augmenter), le prix du mètre carré s’élève à 600 euros. À cela s’ajoute la problématique des « feature teams» : des équipes polymorphes qui changent de configuration selon les projets. Les bureaux doivent donc évoluer en permanence.

La transformation se passe dans les bureaux mais aussi sur le terrain avec le projet « Graou ». Nicolas Wurtz, Chef de projet Digital chez e.SNCF, a créé cette application il y a 4 ans. C’est le premier outil numérique collaboratif interne de SNCF, dédié aux agents de conduite et commerciaux des trains. Avec cette application, Nicolas Wurtz propose une vision très forte centrée sur l'utilisateur et donc l'être humain qui est au centre des lieux digitaux, qui n'ont rien de virtuels.

Espace dynamique, comment s’y prendre ?

C’est là où le concept de « smart office » entre en jeu. Dans le cas des POC menés par OUI.sncf, le nombre de places individuelles a diminué au profit des postes collectifs, avec un ratio de 0,8. Et OUI.sncf n’est clairement pas le seul service où le smart office gagne du terrain au sein du groupe : 2 000 utilisateurs sur 15 sites de l’entreprise consultent la page www.smartoffice.sncf.fr pour mettre leur bureau (voire leur place de parking ou leur casier) disponible à la réservation auprès de leurs pairs, ou à l’inverse, trouver un poste libre pour s’y installer. Aux manettes des expérimentations, Pierre Watier, qui travaille chez SNCF Mobilités, assure qu’« on gagne 26% d’espace » avec ce dispositif.

En parallèle des services digitaux, d’autres nouvelles technologies permettent une gestion de vie des bâtiments plus innovante, comme l’IoT ou le BIM, qui fournissent une connaissance plus fine des usages qui s’y opèrent. Ce n’est pourtant pas évident de mettre en place des capteurs qui collectent des données, surtout dans les bâtiments anciens. « La chose la plus compliquée dans la gestion du bâtiment, c’est de « récupérer les informations », reconnaît Yohann Bourgault, Directeur de mission smart building chez SNCF. À ce stade, deux solutions pourraient être envisagées à ses yeux : « Les capteurs de présence infrarouges peuvent être utilisés dans les espaces fermés, comme les salles de réunion. Et, les capteurs sous les bureaux ou sièges peuvent mesurer l’occupation d’une place ». Chez SNCF Transilien, les homologues de Yohann Bourgault travaillent justement à relier les données des capteurs infrarouges à Office 365, afin de faciliter la réservation des salles de réunion en temps réel. 

Au-delà des dispositifs physiques, certains voient les nouveaux espaces de travail comme un projet managérial. « Les gens ont une capacité d’adaptation absolument extraordinaire », conclut Laurent Lesmarie, Directeur immobilier tertiaire et social chez SNCF. L’évolution des lieux de travail, c’est donc surtout le développement des nouvelles postures de travail et du management.

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