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La donnée au service des projets métiers

Comment exploiter au mieux la data ? Quels sont les cas pratiques de son utilisation au sein de SNCF ? Autant de questions auxquelles Sébastien Pialloux, Directeur Data & IoT chez SNCF, répond lors de la conférence Microsoft Expériences 2018.

Publié le 16/11/2018 par La Rédaction

La data, un choix stratégique

« SNCF a considéré, comme de plus en plus d’entreprises, que la data était un asset stratégique qu’il fallait maitriser. Nous nous sommes rendus compte que SNCF avait un potentiel de données et donc de services formidables » explique Sébastien Pialloux. Car en effet, 4 millions de voyageurs circulent dans 17 000 trains chaque jour, et 30 000 collaborateurs participent au bon fonctionnement de l’entreprise. Toutes ces activités permettent ainsi de générer un nombre formidable de données que l’entreprise va pouvoir utiliser notamment en matière de sécurité, d’expérience client, d’information voyageur et bien sûr, de performance opérationnelle. « SNCF veut devenir une data company, c’est vraiment le cœur de la stratégie », ajoute-t-il.

Trois piliers pour bien utiliser la donnée

Il faut tout d’abord concentrer l’expertise, c’est-à-dire, rassembler des spécialistes et permettre une émulation entre eux. « Nous constitutions donc des équipes avec des capacités scientifiques et technologiques différentes, tels que data scientists, data engineers, dev ops, archis Big Data, spécialistes des capteurs IoT… », précise le Directeur Data & IoT.

Un socle technologique commun est également nécessaire. Pour ce faire, trois plateformes ont été mises en place : Big Data, IoT et Open Data. « Sur la plateforme Big data, nous sommes arrivés sur Azure, justement sur un mode pass pour nous permettre d’aller vite sur ce socle technologique », développe-t-il.

Enfin, la donnée doit être utilisée de manière transversale entre les différents services et métiers.

Des critères précis pour choisir les projets

« Aujourd’hui, nous avons une centaine de projets en cours dont cinquante ont été industrialisés. Ce qui est intéressant dans l’industrialisation, c’est de changer les métiers. Nous devons donc choisir des projets utiles maintenant, et qui pourront changer les processus métiers à l’avenir », explique Sébastien Pialloux.

Trois critères essentiels permettent donc de choisir des projets pertinents, pour aujourd’hui et pour demain :

  • Premièrement, il faut avoir une vision métier, et non technologique, afin de chercher à résoudre un problème ou bâtir un outil d’aide à la décision.

  • Ensuite, ce projet doit permettre de générer de nouveaux services dans le futur, comme par exemple le train autonome de demain.

  • Troisième critère : il faut pouvoir monétiser la donnée, comme par exemple, vendre des données issues des capteurs (température, humidité…) à d’autres entreprises.

L’intelligence artificielle : un rôle important dans l’utilisation des données

L’intelligence artificielle va permettre d’établir des modèles afin de savoir ce qu’il s’est passé et comprendre « pourquoi », de prédire ce qu’il pourrait se passer et de prescrire. « ‘Plus de données’ veut dire un modèle beaucoup plus pertinent », précise Sébastien Pialloux.

La source que SNCF utilise le plus aujourd’hui est les rapports écrits de l’entreprise.

Pour lire ces dizaines de milliers de rapports rédigés sur 5-10 ans, il faut des algorithmes de NLP (natural language processing) qui vont permettre de digérer toute cette information pour expliquer ce qu’il s’est passé.

SNCF utilise aussi beaucoup les données de géolocalisation des usagers qui le souhaitent, notamment pour l’application SNCF. Ces données vont apporter un service supplémentaire à ces voyageurs comme suggérer des destinations qui pourraient les intéresser.

Enfin, la data va également servir au traitement de l’image, aux bots (agents conversationnels), ou encore aux BIM et jumeau numérique dès 2019.

 

« La Big Data et l’intelligence artificielle permettent une approche interdisciplinaire, mais aussi d’investir sur l’évolution des compétences, et de veiller à la pérennité de l’expérience client », conclut Sébastien Pialloux. 

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